THE EXCHANGE AU FUNAMBULE MONTMARTRE

11 mai, 2009

chronique de Guillaume Charlet sur France Inter

Classé dans : presse theatre — theexchange @ 9:43

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par Laure Adler

Une chronique de … Guillaume Charlet . 

The Exchange de Cynthia Mitchell

Mise en scène d’Audrey Krief-Dunelle

avec Françoise Guiol, Ombeline de la Teyssonnière et Alexandre Guégan  au Théâtre du Funambule Montmartre du 4 au 27 mai : du lundi au mercredi à 20H.

« The Exchange » suit la déchéance amoureuse de Lydia suite à l’abandon et la manipulation de son amant Franck.

Lydia manque de sommeil, elle est usée et porte son corps comme un fardeau, elle ressent un besoin incommensurable de se nettoyer, de se purifier en rendant la noblesse aux paroles et aux mots.Comme un rejet aux mensonges de son amant, Lydia, la femme meurtrie, a besoin de sincérité.La franchise est malheureusement perçue comme une agression ; une visite amicale de Lydia pour rencontrer et découvrir la femme de Franck est interprétée comme une action de destruction et de jalousie par cette dernière. Lydia est une femme lucide et fragile, dure et douce, animale et inoffensive. Sa complexité est admirablement interprétée par la comédienne Françoise Guiol qui refuse son état dépressif, sans le nier, par une agitation corporelle constante.

Le travail du metteur en scène Audrey Krief-Dunelle est d’une finesse exemplaire. Elle prend le temps de nous montrer la solitude de son personnage, le mal être de cette femme déphasée par le manque de sommeil et qui tente d’expulser de son corps par des gestes s’apparentant à la danse, l’image et le souvenir de son drame.

Comment oublier ?

La force du texte et de son adaptation résident dans le fait que le spectateur est délicatement happé par la mélancolie, le spleen de Lydia et n’entrevoit qu’une issue tragique. Mais Lydia est prête à tout pour s’en sortir et pour retrouver l’équilibre; prête à se donner corps et âme à un homme qu’elle ne connaît pas et qui la rebute par sa « gentillesse », marque de faiblesse à son encontre.

Elle signe un pacte d’appartenance, d’abandon pour ce Max en espérant qu’il arrivera avec le temps à la séduire et lui faire oublier Franck.

Que vient faire ce Max, personnage si prévenant, dans cette période de grand trouble où se trouve cette écorchée vive impitoyable ?

Comment fait-il pour résister aux humiliations des « je ne t’aime pas » continus et que cherche-t-il dans une relation qui semble vouée à l’échec tant son amour pour Franck est humiliant pour lui ?

Là encore, la partition d’Alexandre Guégan dans le rôle de Max mérite que l’on s’y arrête car il réussit le tour de force d’être sans cesse sur cette corde raide, à la limite de l’implosion et du mystère sur sa véritable identité et ses réelles motivations.

C’est une lutte charnelle, animale qui se met en place petit à petit entre ces deux protagonistes. Sans retenue, leurs étreintes repoussent l’heure des questions.

Peut-on remplacer un amour destructeur par un homme choisi au départ par dépit ? Quels éléments déclencheurs peuvent permettre un transfert d’affects d’un être à un autre ?

Derrière cette relation si particulière se cache la question intemporelle de l’alchimie si complexe et changeante du désir et de l’admiration pour l’autre.

La femme de Franck représente la douceur, la bonté personnifiée quand Lydia incarne la folie intouchable et démesurée de l’amour. Les deux femmes s’aiment et se haïssent car elles portent en elles des qualités dont l’autre est dépourvue. L’admiration est égale à la souffrance et la frustration de ne pouvoir entièrement combler Franck.

La conversation avec Lydia ébranle Claire la jeune femme de Franck.

Et dans ses yeux soudain se lit un doute : mon besoin effréné d’équilibre ne cache-il pas une existence vide de sens ?

 


 

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