THE EXCHANGE AU FUNAMBULE MONTMARTRE

9 mai, 2009

UN ECHANGE SANS PROCEDES

Classé dans : presse theatre — theexchange @ 16:38

Un « Echange »  sans  procédés

Il est toujours très difficile de ne pas systématiquement convoquer les noms de Cassavetes ou de Tennessee Williams dès lors que l’on assiste à une joute sentimentale agencée en un genre de huis clos aux résonances pourtant très urbaines et dont les excès accusent inévitablement  des échos para-psychanalytiques .
Et même si certes on y pense, l’une des nombreuses qualités de la pièce « The Exchange » de Cynthia Mitchell est qu’elle s’affranchit de ces écrasantes tutelles en trouvant sa propre singularité grâce essentiellement à un remarquable travail de mise en scène – due à Audrey Krief- Dunelle -  et d’interprétation  -  Françoise Guiol, Alexandre Guégan, Ombeline De La Teysonnière : tous trois formidables  -  basé sur  la suggestion, le pointillé, le non-dit.
En bref :  une   forme d’épure, de minimalisme qui sont très souvent le fondement même du jeune  théâtre d’auteur comme d’ailleurs du cinéma  et d’un certain rock indépendants, ces deux derniers auréolant, et là aussi implicitement mais incontestablement cette pièce .
Mais si on ne saurait qualifier péjorativement cet « Exchange » « d’auteuriste »,  c’est parce qu’il n’y a jamais trace ici de la moindre prétention ou de la référence, du modèle trop lourdement visibles, visés comme c’est  hélas très/trop souvent le cas .
Françoise Guiol sait qu’elle n’a ni l’âge ni  – sans jeu de mots -  la « bouteille » donc les fêlures, saillantes, d’une Gena Rowlands d’où le fait que quand elle « bascule » c’est  toujours juste au bord du… stade borderline, ce qui évite, écarte tout  pathos ! Et si face à elle Alexandre Guégan arbore une chemise blanche parfois froissée, on ne la confond jamais avec le maillot troué que Stanley Kowalski « mouillait » face à Blanche Du Bois !
Le clonage « fan de » et les ravages  – au premier rang desquels trône cette fameuse  « intériorisation » criarde de soi disant expressivité !! – que « l’Actor’s Studio » ont  très souvent fait dans le monde de la dramaturgie que ce soit au cinéma comme au théâtre ne sont   ici bien heureusement pas de mise !
Un tel bouquet d’effusions parfois forcément douloureuses, dramatiques mais auquel la musicalité du texte et la vivacité de la mise en scène insufflent de l’air en lieu et place de l’étouffement attendu, dont sont absents toute espèce d’hystérie, tout psychologisme surligné et où plane même de l’humour : denrée inconnue des purs et durs de l’art pour l’art qui  aiment à le bannir ou l’ignorer… est un cadeau pour l’œil et l’esprit trop rare pour que l’on ne mette pas « nous » l’accent dessus en soulignant son existence à défaut de laisser cette troupe   en faire de même dans son travail, troupe qui ne s’est sans nul doute pas auto-baptisée sans raison…  « Trompe le Monde » !

Sylvain Rosenthal, journaliste critique.

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